LA RENAUDE
2004
 

VOIR

"Je suis retourné à la Renaude en 2004. Je suis convaincu que cette cité enclavée est appelée à disparaître. Je veux aller jusqu'au bout de son histoire. J'ai revu des gens qui voulaient partir il y a dis ans et qui sont toujours là. Certains ont déménagé, mais passent, comme avant, toutes leurs journées dans le quartier. Les enfants ont grandi, les petites files ont à leur tour des enfants, certains graçons sont en prison, d'autres ont disparu. La cité est plus pauvre et plus dégradée. C'était dur au début des années 90, c'est encore plus dur aujourd'hui. Il y a des rats partout, qui rongent les fils des démarreurs de voiture. Le centre social, qui ne marchait pas si mal, est partiquement fermé, dans un état déplorable. Et, alors qu'on ne m'avait jamais demandé d'argent auparavant, un type a voulu me vendre des bricoles à 15 euros. Pour acheter de la viande pour son fils."

Receuilli par NICOLE GAUTHIER (Liberation, 03 JUILLET 2006)




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