KOKO, Bénin
2001 > 2006
 

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Le Bénin a payé un lourd tribut à la traite négrière et ce pendant quatre siècles avec le transfert forcé de 12 à 20 millions d’africains vers le continent américain entre le XVI ème et le XIX ème siècle. Dès 1502, le nouveau monde hispanique importe des captifs africains pour aboutir au XVII ème siècle au développement du commerce triangulaire entre les ports européens les pays africains et l’Amérique : verroterie, alcool et fusils contre esclaves africains, esclaves africains contre coton, rhum, sucre, tabac et métaux précieux.

Koko, village situé dans l’arrière pays béninois est justement un de ces nombreux villages victimes de la traite négrière. Sensible à cette histoire encore très présente chez les habitants Gilles Favier a donc décidé en 2001 d’effectuer un long travail documentaire en partageant leur vie quotidienne, leurs coutumes et leurs histoires. C’est un village traditionnel vaudou, difficile d’accès, et, où le progrès peine à s’installer. Pas d’électricité, peu d’eau, et une administration quasi absente. La vie y est rude, le vaudou traditionnel fait force de loi et régente la vie sociale du village. A force de patience, Gilles Favier a obtenu de participer et de photographier les cérémonies. La mémoire de l’esclavage est présente, comme ailleurs en Afrique, par la seule tradition orale grâce à laquelle on garde le souvenir de ceux qui sont partis pour le voyage sans retour, et dont on demande des nouvelles d’un simple : « et ceux là-bas ? »

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